Alpigap 2008: c'est fait !

Publié le par Nathalie

Ca y est, elle est enfin arrivée, ma première cyclosportive de l'année !!!! Mieux vaut tard que jamais ! Après un début de saison en dents de scie côté entrainement (je cumule à peine plus de 3000 km dans les jambes...), des petits pépins de santé et un gros manque de motivation, autant vous dire que cette cyclo ne s'annonçait pas sous de bonnes augures.

Mais bon, c'était devenu mon objectif principal. Alors depuis la mi-juillet, avec mon iPod sur les oreilles, rempli de chansons qui donnent la pêche, je suis partie seule sur les routes et j'ai gravi et gravi les cols. Le Castillon, le Brouis, le Braus, l'Ablé (euh, je vous rassure, pas tous lors de la même sortie...)... J'ai même refait le parcours des Bosses du Soleil (tout en laissant de côté la Grave, évidemment !). Pas une sortie sans une bonne grimpée. parce qu'on m'avait prévenu: l'Alpigap, ce n'est pas une partie de plaisir !

Le jour J arrive. Pour l'occas', j'ai briqué mon vélo ! Enfourné dans la voiture et direction Gap. Seule ? Non, avec Valérie, qui, une fois n'est pas coutume, avait échangé son vélo contre un appareil photo. Et oui, notre championne s'est blessée. La faute à un cheval qui s'est emballé, une semaine auparavant. Pas de cale-pieds, pas de guidon à tenir fermement, hop, éjectée dans l'herbe ! Une côte cassée, pas cool.

Arrivée à l'hôtel, prise des dossards, la pression monte. Oui, enfin surtout celle dans mon verre au cours du diner, si vous voyez ce que je veux dire ;-) On retrouve les autres roquebrunois. Philippe et Noelle, qui en vrais forçats des grands parcours ont décidé de passer la nuit sous la tente (petit rappel non négligeable, Gap se situe à plus de 700m d'altitude...). Puis Georges et Christian, accompagnés de leurs femmes et enfant. On se rejoint dans le restaurant, au milieu de tous les autres concurrents. Il faut savoir que l'hôtel est entiérement occupé par les cyclistes et que tout se déroulera autour (dossards, arrivée, repas, podium...). Menu de champions avec au programme: buffet d'hors d'oeuvre à volonté, carré de veau avec légumes et pâtes, plateaux de fromages et de desserts. Puis chacun regagne ses pénates pour une bonne nuit de sommeil. Les épouses de Christian et Georges, Muriel et Josiane, nous promettent de venir nous encourager dans l'aire d'arrivée le lendemain, après avoir profitées du complexe sportif de l'hôtel (piscine, tennis, mini-golf...).

Rendez-vous à 7h45 dans la cour. Première constatation: il fait frais, même pas 10° !!!! Les manchettes et le coupe-vent sont obligatoires pour rejoindre l'arrivée 1 km plus bas. Court échauffement et nous rentrons dans le parc. Le soleil darde de ses rayons matinaux les corps glacés des 600 cyclistes présents dans l'aire de départ. Ca réchauffe bien ! Puis la "meute" est lachée à l'assaut des routes !

Premier col, celui de la Sentinelle (981 m). Je suis partie fort, un peu trop; il faut que je léve le pied si je veux continuer. Je me fais dépasser, je dépasse, les premiers kilomètres défilent à bonne allure. 7km après, descente et arrivée sur la départementale, légérement vallonée. Suivant les conseils prodigués par Valérie, je m'accroche tant bien que mal dans les roues du peloton. Ce groupe d'une trentaine de personnes (avec Noelle en tête) m'aménera jusqu'au pied du deuxième col.

Même pas un kilomètre d'ascension, le groupe a déjà explosé ! Et bien sûr, je suis la dernière ! La route s'éléve au dessus du barrage de Serre-Ponçon. Le plus grand barrage en terre d'Europe ai-je même le temps de lire sur une pancarte. La vue est magnifique, les eaux d'un beau bleu turquoise. Plus d'1h30 que je pédale et les favoris sont déjà passés depuis belle lurette... Sommet du col Lebraut (1100 m), Valérie est là, clic-clac, petite photo souvenir. Descente tranquille sur Chorges. Un peu la panique dans la commune, à cause du marché dominical. Beaucoup de circulation, des voitures arrêtées au milieu des carrefours. Les bénévoles de l'Alpigap sont là pour faire passer au mieux les cyclistes.

Viennent ensuite 5-6 km de chemin communal qui vont nous mener au pied du Col de Manse. Je serais tenter de dire transition tranquille, si ce n'est.... Terrible ! Un truc casse-pattes comme j'en ai rarement vu ! Outre un revêtement granuleux et troué, ça monte et ça descend. Je suis clouée sur place! Je me demande même si je n'ai pas trop pédalé dans la calade précédente; je me promets alors de me tenir tranquille dans la suivante... Arrive enfin la dernière grosse montée, celle qui va nous amener à 1263 m d'altitude. La route est agréable, le soleil tape, mais le fond de l'air est frais. On domine toute la vallée gapençaise. A mon allure, j'ai tout le loisir d'admirer ! Les kms suivants sont plus tranquilles. Sauf que... Sauf que la route sur les dernières centaines de mètres qui doit mener au col est fermée, obligeant les participants à passer par le collet d'Ancelle (ce qui rallongera le petit parcours de 10 km et ajoutera 250 m de dénivelé). Bifurcation à droite et... un MUR ! Finalement, le truc casse-pattes d'en bas, ce n'était rien comparé à ça ! Horrible ! J'avance tellement au ralenti que je me fais doubler par une quinzaine de cyclistes dont trois féminines. Ecoeurée je suis ! Un peu de descente et ensuite il faut rejoindre le sommet du col. Toujours la même chose, ça monte, ça descend.

J'essaie au maximum de rester en contact avec les deux concurrentes qui me précèdent. Pas évident, la fatigue se fait ressentir. Nous passons sur des toutes petites routes bien campagnardes (de celles où tu t'attends à tout instant à voir franchir devant toi un cochon ou un véhicule agricole !). Sommet du col et l'ultime descente. Je devais me tenir tranquille ? Impossible, la pente est trop belle ! Du 12 % à certains endroits, de larges voies, des virages ouverts puis en épingles à cheveux, une asphalte très roulante. Moi qui adore les descentes, en voilà une servie sur un plateau d'argent. Je me régale, je mets tout à droite et je fonçe comme une malade. De quoi laisser mes adversaires sur place et me donner un peu d'avance pour la côte de Chassagne.

Traversée d'un quartier de Gap, un peu de plat pour remettre les jambes en rythme et le dernier truc qui tue: l'arrivée au sommet d'une côte. Et quelle côte ! 200-300 m, du 15 % d'après Christian. Là, j'ai passé tout à gauche, je serre les dents, les mains crispées sur les cocottes, assise sur la selle,et, à la Ullrich, je pousse de toutes mes forces sur les pédales. Je me retourne, mes deux poursuivantes sont derrière, alors je force de nouveau (en fin de compte, en regardant la photo de Muriel, elles étaient loin). Je suis le nez dans le guidon. Soudain, j'entends des "Allez Nathalie, allez Nathalie". Comme dans un état second, je me retourne et aperçois Josiane, l'épouse de Georges. Puis Mathieu, leur fils et aussi Muriel qui se mettent à courir à mes côtés tout en m'encourageant. Waow, quelle arrivée. Et quel fan-club !!!! Je franchis la ligne et m'arrête une dizaine de mètres plus loin, pour être sûre d'être bien arrivée. Le speaker annonce mon classement, ce qui amuse beaucoup Mathieu, parce qu'avec un dossard n° 151, je termine à la 151ème place ! Récit de ma course à mes supporteurs tout ouïe, deux verres de Coca et voilà, c'est presque fini !

Là où l'organisation de cette cyclo se démarque des autres, c'est qu'elle offre un accès aux chambres d'hôtel pour prendre une douche (certes, vu mon heure tardive, l'eau était froide, mais qu'est ce que ça fait du bien !). Puis un vrai repas de champion au resto ! Et un diplome, où il est inscrit que je me classe à la 3ème place dans ma catégorie. Chic, je vais avoir une médaille !

Franchement, c'est une très belle cyclo. De belles prestations, de beaux parcours, une ambiance chaleureuse (même entre concurrent). De quoi donner envie d'y revenir. Mais un peu mieux préparée: après une médaille de bronze, je ne rêve que de l'or !!!!! Et je tenais à remercier Valérie, Josiane, Muriel et Mathieu, ainsi que Georges et Christian pour leurs encouragements et leur bronca lors du podium !

Félicitations aussi à Noelle qui termine 1ère de sa catégorie, 3ème au scratch et qui améliore son temps de quelques secondes malgré une difficulté supplémentaire !


Photo © Les petites reines

Amis Roquebrunois, rendez-vous en 2009 !



Résultats:
Parcours Gapençais - 83 km, 1850 m, 196 participants
Nathalie Zbinden - 3h52m21s / 151ème / 3ème cat.

Parcours Champsaurin - 124 km, 2400 m, 231 participants
Christian Rantrua - 4h25m09s / 71ème / 14ème cat.
Georges Mazzona - 5h22m06s / 193ème / 59ème cat.

Parcours Orsatus - 158 km, 3300m, 118 participants
Philippe Piovano - 6h25m48s / 76ème / 14ème cat.
Noëlle Piovano - 7h49m58s / 113ème / 1ére cat.

Résultats complets à cette
adresse et toutes les photos ICI.

Christian, Georges, Philippe et Noelle, si vous souhaitez aussi donner vos impressions sur cette course...
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
Que dire de plus après le superbe résumé de Nat. Juste que c'est une cyclo qui gagne a être connu pour son organisation, sa convivialité et son magnique parcours. Je me suis fait très plaisir sur ces belles routes. Nous avons passé un super week end, et j'encourage ceux qui n'y ont jamais participé, à venir l'an prochain. Rdv maintenant au bosses du 13.
Répondre